Ivan Meštrović, Fontaine de la vie, sculpture trônant devant le Théâtre national de Zagreb. L’espérance de vie en Croatie atteint les 80 ans chez les femmes et 73 ans chez les hommes.

Géographie et population

Situation démographique

Avec une densité de population de 76 habitants par km², la Croatie est l’un des pays les moins densément peuplés d’Europe, à l’image de pays comme la Norvège, la Finlande, la Suède, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, l’Irlande ou la Bulgarie.

Au cours des 150 dernières années, l’évolution démographique de la Croatie a subi l’influence de plusieurs facteurs, dont les plus importants sont une émigration continue et parfois intense de sa population vers les pays d’Europe et d’outre-mer, les guerres mondiales et la Guerre de libération nationale.

Bien qu’elle ait doublé en 150 ans, la population croate présente une faible progression en comparaison avec celle d’autres pays (par exemple, durant la même période, la population des Pays-Bas a été multipliée par 3,5). La courbe démographique est globalement positive, avec un taux de croissance particulièrement élevé à la fin du xixe siècle, lorsque la Croatie aborde la première étape de sa transition démographique, marquée par des taux élevés de renouvellement naturel des générations. Cependant, le début du xxe siècle voit s’accroître l’émigration et baisser le taux de croissance de la population. Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, suivie par l’épidémie de grippe espagnole, le pays connaît pour la première fois un déficit démographique. Les années 1920 apportent une légère amélioration, mais le second conflit mondial s’accompagne d’une nouvelle chute de la population. Le redressement de la courbe démographique depuis les années 1960 jusqu’aux années 1980 est ralenti par un fléchissement du taux de renouvellement naturel, lié directement à une baisse de la natalité, et à l’émigration importante de personnes quittant le pays pour « travailler temporairement à l’étranger ». Dans ce contexte, la population de la Croatie connaît une transition démographique rapide. La fin des années 1980 est déjà marquée par un faible taux de renouvellement naturel, qui ne coïncide aucunement avec l’indice de développement économique. La structure de la population croate (en particulier des générations fécondes) est déjà affaiblie lorsque la Croatie traverse une nouvelle guerre dans les années 1990, qui sera suivie d’un après-guerre précaire, avec pour conséquence une nouvelle chute du nombre d’habitants, la troisième depuis le début du xxe siècle.

Évolution démographique de la Croatie (1857-2011)
La pyramide des âges reflète assez nettement le processus typiquement européen de vieillissement de la population. Le vieillissement de la population active et d’âge fécond est particulièrement préoccupant.
Évolution du nombre de naissance et de décès (de 1950 à 2010)

Cette longue dépopulation s’accompagne de nombreuses conséquences négatives, telle que la réduction de la part de la population en âge de donner le jour à de nouvelles générations, la réduction de la part constituée par la population active, l’accroissement des besoins de prise en charge des personnes âgées et l’augmentation de la charge budgétaire que représentent pour l’État les retraites, la protection sociale et médicale des personnes âgées, etc.

Outre la chute du nombre d’habitants, la Croatie présente de nombreuses similitudes avec les autres pays membres de l’Union européenne quant à sa situation démographique, qui s’articule autour de trois éléments clés : vieillissement, dépopulation naturelle, polarisation géographique de la population.

Avec l’augmentation de l’espérance de vie à 80 ans pour les femmes et 73 ans pour les hommes, la population vieillit. L’âge moyen est ainsi passé de 30,7 ans il y a six décennies, à 41,7 ans aujourd’hui. Actuellement, presque un quart de la population croate (24 %) a 60 ans ou plus, contre 12 % il y a une cinquantaine d’années. En revanche, la population d’âge scolaire primaire (les moins de 15 ans), qui au début des années 1960 était de 27 %, atteint maintenant à peine 15 %. Le processus de vieillissement est étroitement lié à celui de dépopulation naturelle, les décès étant plus nombreux que les naissances. La baisse de l’indice de fécondité (1,5) situe également la Croatie parmi les pays européens à faible fécondité.

Les causes de la chute du renouvellement naturel à -2,0 ‰, ainsi que des autres processus démographiques en présence en Croatie, remontent à plusieurs décennies. La natalité n’a cessé de baisser depuis les années 1950, la mortalité est remontée dans les années 1970, le nombre des décès s’est accru depuis les années 1990 du fait de la guerre, et les indices de renouvellement naturel sont négatifs.